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Punaises de lit: enfin une solution écolo et bon marché?

Punaises de lit: enfin une solution écolo et bon marché?

SANTÉ • Les punaises de lit ont envahi des habitations genevoises. Un locataire se rebiffe contre les solutions coûteuses prônées par les régies.

Alexandre Gabard, un Genevois de 40 ans, a eu la mauvaise surprise de découvrir des punaises de lit dans son appartement, en décembre 2013. Comme beaucoup de personnes qui réagissent peu aux piqures, M. Gabard ne s’inquiète pas et ne s’occupe pas immédiatement de la désinsectisation. Mais en juillet 2014, la situation devient insupportable: les punaises prolifèrent et la régie qui gère son immeuble lui ordonne de laisser une entreprise de désinsectisation intervenir. Problème: ces sociétés sont coûteuses et elles utilisent de grandes quantités de produits chimiques sans garantir une réussite totale. Alexandre Gabard décide donc de s’occuper lui-même du problème. «Mon objectif était de ne pas recourir à une intervention chimique. En recoupant plusieurs méthodes trouvées sur internet, j’ai élaboré une technique écologique et peu couteuse qui consiste à placer des petites boîtes en fer-blanc, remplies de quelques gouttes d’huile au pied de mon lit que j’avais au préalable séparé du mur. Les punaises sont de piètres grimpeuses. Si d’aventure l’une d’elles venait à franchir l’obstacle de la boîte, elle tombait dans l’huile et mourait. Puis, pendant plusieurs jours, j’ai passé mon lit et le matelas à la vapeur tout en lavant les draps à 60 degrés. En seulement, cinq jours, toutes les punaises étaient parties ou mortes. Devant l’insistance de la régie immobilière, j’ai accepté qu’une entreprise inspecte mon logement avec un chien: ils n’ont trouvé aucune trace de punaises de lit.».

A la suite de sa réussite, Alexandre Gabard, qui voit en la prolifération de cet insecte un véritable problème de santé public, décide de créer un site web. Il prend en outre contact avec la Ville de Genève pour lui faire part de cette méthode de désinsectisation saine et qui, selon lui, fonctionne toujours un an après. En effet, la Ville prend très au sérieux ce phénomène de prolifération dans les grandes ville, et qui explose depuis quelques années à Genève. Certaines informations ou conseils figurant sur son propre site, élaborés en collaboration avec le médecin cantonal, découlent d’ailleurs des constatations d’Alexandre Gabard.

Le médecin cantonal de Genève, Jacques-André Romand, met toutefois en garde: «Cette méthode est extrêmement lourde et nécessite d’être suivie à la lettre pour avoir des chances d’être efficace.» Toutefois, «nous ne la déconseillons absolument pas. Il faut savoir que le temps joue un rôle très important dans la propagation des punaises de lit, raison pour laquelle nous continuons à orienter les personnes dont le logement est contaminé vers des sociétés de désinsectisation qui possèdent une accréditation et dont les produits semblent efficaces». Pour Alexandre Gabard, cette efficacité reste toute relative: «L’un des principaux problèmes liés à l’utilisation de produits chimiques réside dans la résistance progressive des insectes aux produits utilisés, jusqu’à y être complètement immunisés au fil des mutations. Cette solution n’est donc pas définitive.»

Surtout, si les régies renvoient les locataires d’un logement vers des entreprises de désinsectisation, elles ne prennent généralement pas les frais en charge elles-mêmes. Comme l’explique Alberto Velasco, président de l’Asloca, «c’est le locataire qui doit assumer les frais de désinsectisation de son logement mais aussi ceux des autres appartements éventuellement touchés. S’il parvient à prouver que les punaises ne proviennent pas de son appartement, les régies paient. Cela reste toutefois très compliqué à prouver.» Les frais peuvent être très élevés puisqu’il faut compter au minimum quelque 700 francs pour une inspection conduite avec un chien puis un traitement par produits chimiques. La somme peut ainsi rapidement atteindre plusieurs milliers de francs si des punaises réussissent à éviter l’extermination ou si d’autres logements sont touchés.

Source : Alan Bernigaud, 10.07.15, Le Courrier : https://www.lecourrier.ch/131209/punaises_de_lit_enfin_une_solution_ecolo_et_bon_marche

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